2019/05/16

5. Rougeurs et confusion (5/6)




Finalement, Alban commanda un kir auprès du serveur. L’heure à laquelle ils s’étaient fixés rendez-vous venait juste de s’afficher sur sa montre et il sentait la fébrilité le gagner.

Autour de lui, les tables étaient occupées par des couples dont les conversations enthousiastes allaient crescendo. Il les fixait de biais comme par crainte que l’irradiation de leur bonheur ne le change en pierre, souriant d’un air malheureux.

L’absorption du kir le remit d’aplomb. Oubliant l’environnement, il se répéta mentalement ce qu’il avait à faire : « Donc, tu lui donnes le casse-tête et après, au moment du plat, tu lui dis tout ».

Instinctivement, il but le reste du kir. Cela n’allait pas être facile de tout dire. Il en avait conscience, le risque qu’elle le prenne mal était grand. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il n’en avait jamais parlé à personne.

Il allait recommander un autre verre pour se donner du courage quand Valentine pénétra dans la salle, rayonnante.

Remuant la main à son adresse, elle se faufila entre les tables avec aisance, s’assit face à lui et déposa son sac par terre.

« Pouh » fit-elle « J’espère que je ne suis pas en retard »

Elle l’était de quatre minutes mais Alban s’abstint de le lui dire. De jolies rougeurs apparaissaient sur ses joues comme des aveux inconscients. Elle portait un décolleté qui laissait voir son torse blanc sur lequel quelques adorables grains de beauté étaient idéalement placés. Alban sentit une dureté au niveau de son entrejambe. Tâchant de cacher sa gêne, il tendit à Valentine son cadeau.

« Oh ! Il ne fallait pas ! » s’écria-t-elle, gênée à son tour.

Il sourit pâlotement.

« Ce n’est rien, tu verras. »

Le serveur interrompit Valentine dans la découverte de son paquet et lui demanda si elle désirait boire quelque chose.

- Volontiers ! Un vin blanc sec.

L’homme maigre et dégarni se tourna vers Alban.

- Même chose.

Avec excitation, Valentine acheva de déchirer le papier cadeau. À nouveau, le sexe d’Alban pointa dans son caleçon. Il imagina les mains de la jolie brune palpant son corps avec la même avidité, ses doigts s’enfonçant sans ménagement dans sa peau, la griffant et la pinçant. Les joues rougissantes, il porta son attention sur les lustres au plafond dont les lumières douces invitaient au rapprochement et aux confidences.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Pardon ? fit Alban en sortant de sa torpeur. Il vit alors la boite neuve dans les mains de Valentine.

- Un casse-tête, se reprit-il. Celui-ci est particulièrement difficile. Le vendeur m’a expliqué que les plus doués mettaient minimum six mois pour le finir.

- C’est original, fit sincèrement Valentine.

- Si tu veux… On pourra le faire ensemble, dit Alban d’une voix si basse que la jolie brune n’entendit pas.

(À suivre)

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