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2013/03/21

Eloge du dopage


Pour ceux qui observent avec attention les hommes et leurs comportements, il est amusant de noter qu’au sujet du dopage dans le sport, suivant les circonstances, ce sont les mêmes qui condamnent violemment le dopage – lorsqu’un cas de dopage est révélé -  et ce sont les mêmes qui s’extasient telles des vierges devant un acteur bodybuildé lorsqu’un record a été pulvérisé. Ne soyons pas dupes. Plus. Ni hypocrites. Assez. Non. Il suffit. Temps mort. 
Le dopage existe depuis la nuit des temps. Si, pendant l’Antiquité, Phidippidès, lorsqu’il entreprit de courir les 250 kilomètres qui séparaient Athènes de Sparte s’était contenté de boire de l’eau et de manger de la moussaka, il se serait écroulé à Mycènes. Rassurez-vous, je ne m’appesantirai pas à citer les innombrables exemples depuis cette fameuse bataille de Marathon prouvant que le dopage est une pratique courante dans le milieu des athlètes (surtout et paradoxalement lors de la Renaissance). Faut-il nécessairement s’en plaindre ? Faut-il obligatoirement s’en offusquer ? Je laisse à ceux qui aiment jouer la comédie et renvoyer d’eux-mêmes une image morale le soin de le faire. Pour ma part, je n’ai pas ce genre de préoccupation, Jean-Baptiste Foucault au sujet de l’opinion d’autrui ne disait-il pas qu’elle est une boule de poussière qui roule au gré des vents et se cogne contre les murs ? En tant que passionné de football, je me réjouis que les professionnels du ballon rond se dopent. Rappelez-vous cette discipline il y a seulement vingt ans. Les joueurs mettaient des heures à produire une attaque – remonter le terrain deux fois de suite ressemblait à une ascension d’Himalaya, si les gars avaient pu faire du stop, ils ne se seraient pas gênés, le ballon dans le coffre et les quatre attaquants à l’arrière de la caisse et roule, ma poule ! – ils étaient frêles comme des poulets industriels, ils se fatiguaient vite et couraient si lentement qu’on aurait souhaité que le terrain soit un tapis roulant. Si vous en avez encore le courage, visionnez ne serait-ce que cinq minutes un de ces matchs d’antan. Vous aurez l’impression d’assister à une rencontre moyenâgeuse où le pénible se chamaille avec l’ennui. On se demande d’ailleurs comment certains joueurs de cette ère du « ralenti » peuvent être encore considérés comme de grands joueurs, mais c’est un autre débat… Aujourd’hui, grâce à des substances comme les hormones de croissance ou encore l’EPO mais aussi grâce au travail des préparateurs physiques, le football est devenu véritablement attractif. Il n’est plus un sport qui se pratique mais qui avant tout se regarde, et avec plaisir ! A l’allure à laquelle courent les joueurs, même un match pourri passe vite. D’autant que ces joueurs courent sans arrêt et dans tous les sens, ce qui est fascinant (bien sûr, il existe encore quelques aristocrates dans ce sport qui ne bougent pas beaucoup, mais ils sont rares et tendent à disparaître).  On pourrait retirer le ballon, on resterait fasciné. C’est la raison pour laquelle j’ai du mal à comprendre les détracteurs du dopage : Sont-ce des passéistes, nostalgiques des temps anciens, des shorts larges et des images noir et blanc ? Sont-ce des masochistes qui aiment qu’un match d’une heure et demie dure six plombes ? Ou tout simplement, sont-ce des ennemis du sport en général et des nécessaires progrès qu’implique son évolution ? A ces atrabilaires, je tiens juste à rappeler qu’un sport sans performances est un sport mort. Et qu’un sport mort est une extinction de lumière dans le cœur des hommes.

1 commentaire:

Nathan Pym a dit…

C'est peut-être mon faible pour ce procédé qui consiste à prendre un ton docte, voire pédant, pour sortir , et justifier les pires absurdité; Mais c'est super drôle.
A quand la parution de "Footballoscopie"?