2022/08/24

La thèse soutenue par le film Walter

 


 

Je veux revenir sur ma critique du film précédent où je disais que dans cette comédie ratée c’était paradoxalement l’acteur comique confirmé, Alban Ivanov, qui coulait le rafiot avec ses vannes lourdes vociférées comme une poissonnière (registre de la mer). J’ai été injuste avec lui. Car, après avoir maté la fin qui s’étire à rattraper son retard de sommeil, j’ai cru comprendre que c’était voulu. Il joue un méchant donc forcément ses blagues sont nazes. Leur répétition bourrine campe le personnage, un truand sans état d’âme bien vulgaire. Par contraste, ses jeunes complices apparaissent sympathiques avec leur humour de cour d’école niveau sixième. On sent l’intention de délivrer un message chez les auteurs de ce film. La fin d’ailleurs suscite le questionnement : pourquoi le salaud joué par Alban Ivanov termine en prison alors que ses gentils sbires restent en liberté, écopant seulement de travaux d’intérêts généraux ? Vous me direz, la réponse est contenue dans la question. Pas tout à fait. Cette clémence scénaristique pour les quatre bras cassés du long métrage (très long) est en rapport avec leur pratique de l’humour. Ces types sont braves parce qu’ils arrivent à être drôles de temps en temps. Telle est la moralité de « Walter ». Quand on s’efforce de ne pas être vulgaire, on est forcément bon et, de ce fait, aucune tuile ne peut nous tomber sur la gueule. Eh ouais.

2022/08/23

Walter


 

 

L’exemple parfait du film où les idées sont sympas sur le papier mais qui ne fonctionne pas du tout à l’écran d’ordi (mais en fait sur tous les écrans). C’est vrai, imaginer un gars de la sécurité en chef de guerre qui met en déroute une bande de pieds nickelés en plein braquage, je le dis net, j’achète (pas cher mais j’achète). J’imagine bien les types qui ont créé le scénar se marrer à chaque trouvaille de leur cru comme celle où le guerrier rend en centuple ce que les malfrats du dimanche lui ont fait subir : ah, ah ouais génial, tope-là mon pote ! Ouaip, sauf que devant la caméra, ça pschitte un fond de coca tiède en voie de dégazéification. Et pourtant encore, je le répète, y’a plein de bonnes idées – des répliques marrantes et des situasses à fort potentiel de poilade. Alors c’est quoi, le blème ? Le rythme peut-être, mollasson ou irrégulier. Les acteurs aussi. Paradoxalement c’est le comique confirmé dont le jeu sonne le plus faux. A part gueuler avec sa voix de vieux clébard errant à ses acolytes qu’il va tous les enculer, on ne cerne pas trop à quoi il sert. Toutes ses interventions sont à côté de la plaque et aplatissent la farce qui rame déjà pas mal. Bref, en regardant d’un œil ensommeillé cette comédie, j’ai souvent pensé : ah pas mal ça, suivi d’un oh comme c’est dommage.